110 000 : c’est le nombre de vols, de violences et d’incivilités recensés chaque année dans les transports en commun. Pour remédier à cette situation et inciter les personnes à se déplacer avec ces mobilités , la loi dite « Tabarot » a autorisé l’utilisation de caméras-piétons et de caméras embarqués dont les modalités viennent d’être précisées.
Caméras-piétons pour les contrôleurs : prévention, formation et preuve
Les contrôleurs des transports en commun peuvent enregistrer leurs interventions grâce à des caméras individuelles. Très concrètement, sont concernés :
- les agents assermentés et les agents exerçant des missions de nature équivalente, travaillant pour des exploitants de services de transports ou d’entreprises de transport agissant pour le compte desdits exploitants ;
- les agents des services internes de sécurité de la SNCF et de la RATP.
Ces enregistrements sont utilisés :
- pour la prévention des incidents au cours des interventions des agents ;
- pour le constat des infractions et la poursuite de leurs auteurs par la collecte de preuves ;
- à des fins de formation et de pédagogie.
La réglementation détaille, conformément à la loi, la catégorie de données pouvant être enregistrées, les conditions d’enregistrement, de traitement, de consultation, d’extraction, de communication, de conservation des données, de l’information délivrée aux voyageurs, etc.
Notez que l’agent doit, avant de déclencher l’enregistrement, l’indiquer à l’oral aux personnes enregistrées. Cette information peut être différée et donnée dès que possible si :
- la situation laisse craindre un risque immédiat d’atteinte à la vie ou à l’intégrité d’une personne ;
- cette situation caractérise un cas de crime ou de délit flagrant et que l’agent agit pour appréhender l’auteur.
Caméras frontales embarquées : une expérimentation pour analyser les faits
Les tramways et les tram-trains peuvent, dans le cadre d’une expérimentation s’étalant sur une période de 3 ans, être équipés de caméras embarquées. Les images obtenues permettront d’analyser la circulation urbaine, le comportement des piétons, etc., afin de prévenir les accidents et de former les conducteurs.
Le Gouvernement a précisé les modalités d’enregistrement et d’utilisation des images captées par ces caméras.
Il est notamment prévu d’en informer le public sur le site internet du ministère chargé des transports, de l’exploitant, dans les gares ou les stations desservies et dans les tramways et les tram-trains.
De plus, l’intérieur et les entrées des domiciles ne devront pas être enregistrés et les images devront être soumises à pseudonymisation. Les images captées devront être cryptées et conservées sur un support informatique sécurisé jusqu’à leur effacement.
Cette expérimentation se déroulera jusqu’au 28 juin 2028.
- Décret no 2025-1234 du 15 décembre 2025 relatif à l’usage de caméras individuelles par les agents des exploitants des services de transport ferroviaire ou guidé
- Décret no 2025-1310 du 24 décembre 2025 pris pour application de l’article 14 de la loi no 2025-379 du 28 avril 2025 relative au renforcement de la sûreté dans les transports
Transports en commun : des caméras au service de la sécurité collective – © Copyright WebLex




