Les centres de données, ou data centers, sont devenus un enjeu important dans les questions de souveraineté numérique, de développement économique et d’empreinte environnementale. Pour allier toutes ces logiques, la loi d’adaptation au droit de l’Union européenne du 30 avril 2025 a posé un cadre qui vient d’être précisé par le Gouvernement…
Data centers : informations et optimisation énergétique
Pour rappel, la loi d’adaptation au droit de l’Union européenne du 30 avril 2025, dite DADDUE 5, a posé un cadre général pour les data centers, dont il restait à préciser les modalités concrètes d’application.
La loi a ainsi prévu, à la charge des centres de données, des obligations de :
- transmission d’informations administratives, environnementales et énergétiques ;
- transparence des données ;
- valorisation, sauf exception, de leur chaleur fatale.
S’agissant des obligations déclaratives
La loi DADDUE 5 a mis à la charge des centres de données dont la puissance installée des salles de serveurs et des centres d’exploitation informatique est supérieure ou égale à 500 kW des obligations de déclaration et de publication d’informations.
Tout d’abord, tout exploitant d’un centre de données doit déclarer aux pouvoirs publics :
- la puissance installée du centre de données ;
- son numéro SIRET ;
- le nom et le courriel de la personne à contacter responsable dudit centre de données.
Pour les nouveaux centres de données, cette déclaration est transmise dans les 2 mois après la date de mise en service.
Ensuite, les exploitants doivent, avant le 15 mai de chaque année, transmettre des informations administratives, environnementales et énergétiques pour l’année civile précédente, mises également à la disposition du public, visant :
- les données administratives du centre de données ;
- les données spécifiques de son fonctionnement ;
- les indicateurs annuels relatifs à l’énergie et à la durabilité du centre ;
- les indicateurs annuels relatifs à la capacité des technologies de l’information et de la communication ;
- les indicateurs annuels de trafic de données.
Des précisions sur le contenu exact des informations à récolter, comme leur mode de transmission et de mise à la disposition du public sont encore à préciser.
Il est toutefois d’ores et déjà indiqué que ces éléments doivent être mis à la disposition du public sur un site internet de manière transparente, lisible et facilement accessible, dans un format ouvert et structuré, permettant leur téléchargement et leur exploitation par toute personne intéressée.
La transmission de ces informations au public n’a pas lieu lorsqu’elles relèvent du secret des affaires.
En cas de non-respect de ces obligations de transmission d’informations, les pouvoirs publics peuvent mettre le centre de données en demeure de se conformer à ses obligations dans un délai qu’elle détermine et qui ne peut excéder 1 an.
En l’absence de mise en conformité, le centre de données s’expose à une amende administrative dont le montant est proportionné à la gravité du manquement et aux avantages qui en sont tirés, plafonné à 50 000 €.
S’agissant de la valorisation de la chaleur fatale des centres de données
Pour rappel, la chaleur fatale désigne la chaleur générée par un procédé dont l’objectif n’est pas la production d’énergie et qui peut être récupérée pour être exploitée sous forme thermique.
La loi DADDUE 5 a mis en place une obligation à la charge des centres de données les plus importants (ceux dont la puissance installée est supérieure ou égale à 1 MW) de valoriser la « chaleur fatale » qu’ils produisent.
Techniquement, on considère qu’un centre de données remplit son obligation de valorisation si son facteur d’efficacité de réutilisation de la chaleur fatale est supérieur ou égal à 0,20.
Notez que ce chiffre a vocation à évoluer jusqu’à 0,40 en fonction de l’évolution des technologies de récupération de chaleur fatale et des débouchés énergétiques disponibles.
Si un centre de données, avec une puissance installée d’au moins 1 MW, dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2026, ne valorise pas sa chaleur fatale, l’exploitant se doit de réaliser une analyse coûts-avantages, qui permet d’évaluer l’opportunité de valoriser sur site ou hors site la chaleur fatale produite. Dans ce cas, l’analyse devra être transmise aux pouvoirs publics avant le 1er octobre 2027.
Pour finir, notez qu’il existe des exemptions à l’obligation de valoriser la chaleur fatale. Il en va ainsi lorsque les « conditions technico-économiques », que le Gouvernement doit encore préciser, ne permettent pas d’atteindre la valeur seuil du facteur d’efficacité de réutilisation de la chaleur fatale de 0,20.
L’analyse coûts-avantages permet, dans cette hypothèse, de démontrer l’absence de conditions technico-économiques acceptables pour l’exploitant.
Data centers : concilier transparence de l’information et contrainte énergétique – © Copyright WebLex




